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Le blog de BBH

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Événement d'art performance et arts visuels dans l'espace public. Art contemporain.


Point de vue

Publié par bbh sur 18 Juillet 2007, 19:49pm

Catégories : #textes divers

Belleville, ni haut, ni bas, par Solange Gonzalez.

Pas d’angélisme : la terre n’est pas notre territoire, mais pas non plus de territoire qui soit naturel. Tout territoire naît d’une décision : la partition du quartier de Belleville est née d’un souci électoraliste. Notre souci vient d’ailleurs : contre l’électoral, l’élection, le choix. Qu’est-ce qui mieux qu’une promenade peut incarner cette libre détermination de soi ? Est-ce qu’un lieu détermine un être ? Et tout aussi bien, n’est-ce pas l’inverse ?
Pas de lieu sans un corps qui l’occupe et dont les surfaces qu’il partage avec les corps environnants le définissent. Occuper un lieu, c’est entrer en contact avec les autres corps. Ce qui peut se dire : sans les autres, pas de lieu, rien qui puisse avoir lieu, aucune possibilité d’être. Pas de lieu séparé, donc, qui soit, indépendamment d’une présence et d’un partage. C’est le partage qui crée le lieu car une surface n’existe pas en soi ; c’est la limite d’un corps et tout aussi bien ce qui le met en contact avec les autres corps. C’est ce qui ne s’atteint jamais et qui néanmoins nous (dé)termine, terminaison, désinence sans radical. La limite, c’est une frontière qui n’existe que de la suspension d’un mouvement. Les mathématiciens le savent : pas de limite sans continuité. Ce qui peut se vivre ainsi : passer d’un lieu à un autre, rencontrer d’autres corps, passer les limites, c’est-à-dire en passer par elles, pour les subsumer.
Faire choix de domicile, voilà bien l’enjeu, pour tous les peuples, en tout temps, mais plus encore lorsqu’un ministère oublie qu’il est le lieu d’un service, d’une assistance. Mais ce faisant, il oublie qu’il n’est jamais que provisoire, suspendu à notre bon vouloir. Contre ce provisoire, faire provision d’actions et pas seulement de bonne volonté. Notre vouloir est bon lorsqu’il vise le plus grand nombre. Pas l’universel abstrait de Kant, mais la réalité effective d’un vivre en commun, d’un lieu commun, public.
Alors il nous faut parcourir la ville, d’un quartier à l’autre, d’un bon pas car tout pas est bon lorsqu’il offre la possibilité du possible. Aussi pas de lieu qui soit bas. Et au haut lignage, préférer une ligne de bas en haut. Belleville de bas en haut, vraiment la belle ville.


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